Fiches instruments Mise au point du filtre polarisant solaire de Lyot, 1938 et 1940
L'appareil permet l'observation visuelle et la photographie de la chromosphère solaire et la surveillance des éruptions chromosphériques
Description
Le boîtier thermostatisé du filtre polarisant de 1940 contient le jeu de six lames biréfringentes de quartz entre polariseurs, issu du premier filtre monochromatique polarisant de Bernard Lyot.
Les spectres cannelés produits par les lames réfringentes s’associent entre eux pour produire un filtre optique très monochromatique isolant plusieurs bandes spectrales étroites, de l’ordre de quelques nanomètres.
Une de ces bandes isole la radiation H (alpha) de l’hydrogène, d’autres centrées respectivement sur 637,4 nm et 530,3 nm isolent l’émission Fe X et Fe XIV de la couronne.
Dans la première version de 1938, les polariseurs sont des feuilles de polaroïd, et les éléments collés au baume du Canada sont enchâssés dans le boîtier cylindrique. Celui-ci est contrôlé en température par un thermostat. En 1940, Lyot réutilise les lames biréfringentes pour constituer une nouvelle version du filtre polarisant. Dans le nouveau modè les feuilles de polaroïd sont remplacées par des polariseurs à prismes de spath, les collages se font des immersions dans l’huile et le thermostat est changé pour un modèle plus récent.
Historique
Selon un principe imaginé et décrit en 1933, Bernard Lyot effectue en 1938 la première réalisation opérationnelle du filtre monochromatique polarisant.
L’instrument est utilisé en août 1939 au Pic du Midi derrière le coronographe pour réaliser les premières photographies de la couronne solaire en émissions monochromatiques.
Ensuite, il réalise à Meudon en 1940 avec les mêmes lames biréfringentes un filtre plus lumineux qu’il expérimente durant l’été 1941, derrière son coronographe du Pic du Midi.
En 1942, une lame supplémentaire en spath est placée à la sortie du filtre pour atteindre la sélectivité 0,0075 nm dans le rouge. L’appareil, placé derrière l’objectif de 38 cm de la lunette du Pic du Midi, permet d’analyser les mouvements dans la chromosphère solaire.
En 1948, cette nouvelle version du filtre est commercialisée par la société OPL pour l’observation de la chromosphère. De 1949 à 1952, 12 filtres seront produit sous la direction de Bernard Lyot. Après son décès, Audouin Dollfus prendra le contrôle de cette production