Fiches instruments
Coronomètre de Lyot, 1950

 

   

Le coronomètre photoélectrique de Lyot permet d'observer les émissions monochromatiques coronales autour du Soleil avec une lunette ordinaire.

Description

Au foyer de la lunette, une rondelle métallique masque le disque solaire. Un petit orifice explore la couronne à 1' du bord solaire en tournant autour du centre du disque. Un prisme à deux réflexions ramène sur l'axe la lumière ayant traversé l'orifice. Cette lumière traverse ensuite le filtre monochromatique polarisant de Lyot qui isole une bande spectrale de 0,2 nm centrée sur la radiation émise par la couronne à 503,3 nm. Le filtre polarisant est suivi du polarimètre photoélectrique de Lyot, lequel module la bande spectrale pour transmettre alternativement et rapidement la raie coronale et deux bandes symétriques de part et d'autre de la raie. Le signal photoélectrique est proportionnel à l'intensité de la raie coronale.
 


sélecteur focal du coronomètre photoélectrique:
pièce seule et derrière la lunette auxiliaire

Historique

En février 1950, le dispositif conçu par Bernard Lyot en 1949 est placé sur le télescope de 1 m de Meudon et est utilisé comme monture équatoriale. Le sélecteur focal est disposé au foyer de la lunette auxiliaire de 16 cm. Le filtre polarisant et le polarimètre photoélectrique sont alignés sur un support placé en diagonale contre la face arrière du barillet du télescope.

Le 28 février 1950, la première détection de la couronne est réussie. La couronne est mesurée par sa radiation 530,3 nm du FeXIV, de 5° en 5° à 1' du bord tout autour du Soleil. L'intensité de la raie est exprimée en millionnième de l'intensité de 0,1 nm au centre du disque.
Suite au décès de Lyot –lors de l’expédition à Khartoum le du 25 février 1950- le principe du coronomètre est repris à Meudon par son service. Audouin Dollfus étudie un filtre polarisant spécial, l’entreprise OPL le réalise et Henri Grenat conçoit une première version de l'appareil.
En 1961, Pierre Charvin est responsable de la réalisation finale de l'appareil, qui est installé sous cabane mobile dans le parc de Meudon. Des observations de la radiation 530,3 nm de la couronne y sont effectuées à partir de juin 1962. En 1964 l'instrument est complété pour mesurer la polarisation des radiations coronales.
L’année suivante, P. Charvin décide la réalisation d'un nouvel instrument spécialement destiné aux mesures de la polarisation des radiations coronales. Fabriqué dans le mode coronographe, l'appareil est installé au Pic du Midi et fournit ses premiers résultats en 1970.